( 21 novembre, 2011 )

Lunatiques haïkus

 

Sourire de ce soir

Lumière de te voir

Lune, luit dans le noir

 

 

Sombre ciel de moire

D’étoffe de foire

Sans destin à croire

 

 

Talengar, poète à ses heures perdues

( 2 novembre, 2011 )

Par définition, sans sens

Par définition, sans sens

 

La tête est vide, ma page est blanche

Ivre pourtant d’une expérience

Brave au néant de l’espérance

Elle n’est l’avis d’aucune planche

Réjouie du temps de ta présence

Transcrit dans un mot qui flanche

Evanescente dans son absence

Talengar, poète à ses heures perdues

( 25 septembre, 2011 )

Je baille, ô Corneille

Je baille, ô Corneille

 

Oh rage, oh désespoir,oh sommeil ennemi

N’ai-je donc tant vécu que pour cette insomnie

Et ne suis-je blanchi au gré de cette nuit

Que pour voir au grand jour un soleil maudit

 

Tes bras qu’avec respect toutes les dames admirent

Tes bras qui tant de fois ont accueilli mes ires

Tant de fois endormi les cauchemars d’ici-bas

Trahi donc mes rêves et ne fait rien pour ça

 

Oh cruel souvenir de mes heures passées

Oeuvre de tant d’amour en un jour oublié

Nouvelles aspérités létales pour mes peurs

 

Quitte l’austérité de mes pâles douleurs

Pour naitre de l’abime où vivent mes erreurs

Celles qui de leurs dîmes taxent cette nuité

 

Talengar, poète à ses heures perdues

( 4 juin, 2010 )

Déliquescence

 Déliquescence

 

Rêve de fatigue dans le feu de la nuit

Un étrange désir qui dort dans ma tête

Trêve d’oiseau-lyre où chante la bête

Qui danse la gigue sur les notes du bruit

 

Sève de la vie qui échappe au fruit

Passion de l’esprit qui veut le repos

Hypnose de mort, sursis du boulot

Qui traine le sort à l’aube qui luit

 

Difficile de s’endormir

D’un coup de cil et c’est fini

Fin de journée début de l’ire

Qui s’est armé dans mon esprit

 

Plus de mot, je me tais

Je suis sot dans ma taie

Je somme le venin

Qui assomme au divin

 

Plus un geste

Je m’arrête

Chacun devient

Son baladin

 

Fleuve

Tarit

Preuve

Fini

 

..

..
 

Talengar, poète à ses heures perdues

( 4 mai, 2010 )

Escalettre

Escalettre

 

O

ma

vie,

hume

rhume,

parfum,

remugle

délétère

sentiment

nauséabond

odoriférant…

Hypnotiserez

immédiatement

mesdemoiselles;

méticuleusement,

instrumentalisez

lycanthropisation

consciencieusement

constitutionnalisée!

 

Talengar, poète à ses heures perdues

 

( 20 février, 2010 )

Distraction (ou la déclinaison d’un délire)

Distraction (ou la déclinaison d’un délire)

 

Je te douche, tu me mouche

Je te pomme, tu me somme

Je t’orange, tu m’orage

Je te banane, tu me tatane

Je te chausse, tu me Gauss

Je t’adoube, tu me courbe

Je te riz, te me vie

Je te blé, tu me thé

Je te math, tu me pâte

Je te cuisine, tu me tartine

Je te chocolate, tu me nutellate

Je te glace, tu me tasse

Je te givre, tu m’ivre

Je te vin, tu m’étain

Je te fer, tu me serre

Je te bec, tu me teck

Je te bois, tu me noix

Je te casse, tu me masse

Je te kilo, tu me stylo

Je te marque, tu m’arc

Je te flèche, tu me pêche

Je te poissonne, tu me poisonne

Je te Mithridate, tu m’Andromaque

Je t’Andromède, tu m’Amazone

Je te fleuve, tu me rive

Je t’Amon, tu me Ra

Je te souris, tu me lapin

Je te paire, tu me couple

Je t’ara, tu m’oiseau

Je te cheval, tu me cavale

Je t’Enée, tu m’Ariane

Je te gréer, tu me liane

Je t’armateur, tu m’aventure

Je te voyage, tu me page

Je te livre, tu me sylve

Je te tue, tu me je

 

Talengar, poète à ses heures perdues

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